Après avoir récolté 7 médailles individuelles les protégées de Franck BELLARD et Eric DESPEZELLE s’attaquaient au championnat par équipes le dimanche. En l’absence de Levallois, tenant du titre, c’est Champigny (5 médailles dont 2 titres) qui faisait office de grand favori pour le sacre. Avant même de s’intéresser à l’or, et fort d’une 4ème médaille consécutive en coupe d’Europe le 22 octobre, le judo club avait déjà à cœur de renouer avec un podium national qui nous échappent depuis 3 saisons. Récit d’une journée marathon… Pleine d’émotions !
COLMAR (5-0) pour un tour de Chauffe !
Entre joies, déceptions et courbatures de la veille, les pontelloises devaient se remobiliser pour atteindre l’objectif fixé. Dans un tableau relativement dégagé, notre équipe affrontait COLMAR pour un tour de chauffe. « La force de notre équipe, et particulièrement au lendemain d’un championnat individuel chargé en émotions, c’est d’avoir des filles d’un niveau très homogène » précise Franck BELLARD. En faisant rentrer Scarlett GABRIELLI, Shirley ELLIOT, Laetitia BLOT, Gaëlle POSSAMAI et Marie DELPUPPO, la paire BELLARD – DESPEZELLE, assistée par Fabian BERNARD (préparateur physique) alignait une équipe inédite, et semait déjà le trouble chez leurs adversaires.
Large vainqueur par 50pts à 0, les pontelloises se qualifiaient pour le 2ème tour face à ARGENTEUIL.
ARGENTEUIL (3-2), le match piège
Le jeune club d’ARGENTEUIL emmené par Hacène GOUDJIL n’était pas si simple qu’il n’y parait. Fort de sa star montante Clarisse AGBEGNENOU (championne de France 2009 et 2010, médaillée au championnat du Monde junior) et de Lucie PERROT (vice championne du Monde junior 2009), le club d’ARGENTEUIL possédait 2 arguments de taille.
C’est justement Laetitia BLOT qui ouvrait le bal face à AGBEGNENOU en -63kg. Malgré un YUKO marqué, puis annulé, Laetitia fini par prendre IPPON en fin de match, dans un combat disputé. En -70kg, Gaëlle, en confiance après sa journée de la veille, marque IPPON, mais les arbitres, dans le doute d’une action qu’ils estiment litigieuse, dégradent le IPPON en WAZA ARI et choisissent de poursuivre la rencontre. Dès la reprise d’un combat qu’elle pensait terminé, Gaëlle subit un ramassement de jambe qui lui, ne laisse pas de doute sur sa valeur.
A 0-2 (0pt à 20), les pontelloises n’avaient plus le droit à l’erreur. Dans ce contexte, c’est Stéphanie POSSAMAI qui ramène la sérénité et s’impose par IPPON en +70kg, avant de céder sa place sur le tapis à Elodie GROU (-52kg). « Elo est sans doute la grande déception de la veille. Elle était très abattue après sa défaite au 2ème tour » explique Franck BELLARD. « Le seul risque dans ce match, c’était qu’elle n’arrive pas à se remobiliser pour l’équipe » poursuit-il. Mais Elodie ne tremble pas et s’impose en ramenant les deux équipes à égalité, grâce à un magnifique HARAI MAKIKOMI. C’est finalement Shirley ELLIOT qui marque le point décisif et qualifie son équipe pour les quarts de finale, grâce à un UCHI MATA jugé IPPON.
DOJO NANTAIS (3-0), la répétition générale !
Face au dojo Nantais, nous paraissions intouchables sur le papier. L’enjeu pour le staff était de préparer mentalement et tactiquement l’affrontement contre Champigny en demi finale. Modifiant encore la composition de l’équipe, Franck et Eric décident de faire entrer Anne Laure POLI à la place de Laetitia BLOT en -63kg, et Morgane BRUNET à la place de Shirley ELLIOT en -57kg.
Elodie démarre la rencontre et s’impose par 4 sanctions sur PLAISANT (3ème au championnat de France 1ère division 2005). En -57kg, Morgane expédie la rencontre en quelque secondes pour un 2-0 plein de détermination. Anne laure POLI conclue également en 15 secondes, avec un IPPON sur UCHI MATA.
A 3-0, et malgré l’envie d’en découdre de Laetitia BLOT en -70kg et Marie DEL PUPPO en +70 kg, le Dojo Nantais décide de mettre fin à la rencontre par abandon.
«Contre le Dojo Nantais, on sentait que l’état d’esprit était différent » Reprend Franck BELLARD « On était déjà entrain de préparer notre coup sur CHAMPIGNY » nous dit-il en souriant. « En 3 tours on a changé 3 fois d’équipe. L’objectif était de savoir où en étaient les filles après leurs combats en individuel. C’était aussi une stratégie pour brouiller les pistes avant la demi-finale » raconte Franck BELLARD
RSC CHAMPIGNY (3-2), Mission Impossible… En théorie !
Face à Champigny, la tâche s’annonçait difficile. En effet, lors de la dernière Coupe d’Europe, 3 semaines auparavant, les pontelloises s’étaient inclinées par 4 victoires à 1 sur Champigny, après avoir frôlé le 5 à 0. « Entre la Coupe d’Europe et le championnat de France individuel des 2 jours précédents, il y avait 11 à 3 pour nos adversaires » explique Franck. « C’est dire qu’elles étaient largement favorites dans cet affrontement direct ! » commente t-il.
La rencontre débute avec Gaëlle POSSAMAI dans un remake d’une demi-finale perdue la veille. Rapidement débordée par le nombre d’attaques de PASQUET, Gaëlle est sanctionnée à 2 reprises. Comme dans le combat du samedi, Gaëlle mise sur la deuxième partie du combat pour faire la différence, et imposer son pressing. Mais la trentenaire pontelloise semble manquer de carburant, et malgré une belle détermination, s’incline sur un TSUBAME GAESHI spectaculaire, jugé IPPON.
A 0-1, la sœur jumelle entre en liste avec la ferme intention de recoller immédiatement au score. Contrairement au match de coupe d’Europe (remporté par Stéphanie sur ANDEOL), Corinne DEVY décide de faire sortir la championne de France 1ère division des +78kg (vainqueur de MONDIERE la veille), pour faire entrer MENTOUOPOU (Vice championne de France 1ère division 2010). En capitaine d’équipe, Stéphanie fait le travail et s’impose logiquement sur la val-de-marnaise pour ramener le score à un partout.
Le bras de fer se poursuit avec le traditionnel combat GROU – DELSALLE. « Bien qu’Elodie n’ait jamais battu Delphine, on sait qu’elle n’en est jamais très loin » reprend l’entraîneur. Et en effet, Delphine DELSALLE (médaille de bronze le vendredi), vainqueur de GROU dans le tableau individuel prend le dessus dans les premières séquence et inflige 2 sanctions à la pontelloise. Mais Elodie revient dans la rencontre et pousse une première fois son adversaire à la faute. Elle récolte un SHIDO, mais le score n’évoluera plus, et DELSALLE amène le deuxième point pour CHAMPIGNY.
A 1-2, Morgane BRUNET n’a plus le choix que de gagner le match des -57kg. Remontée par Eric DESPEZELLE, déterminée par son envie de servir sa nouvelle équipe, Morgane monte sur le tapis avec la rage au ventre, face à une adversaire qui l’a toujours battue. En effet, le clan champenois procède à son 2ème changement en écartant LA RIZZA (2ème en individuel) pour faire entrer BENAROCHE (3ème en individuel, vainqueur de Shirley en place de 3ème). Malgré une alerte en début de match, Morgane, inspirée, lance un UCHI MATA puissant qui envoie BENAROCHE au tapis, pour IPPON. Le camp Pontellois exulte et continue à y croire, alors que le score est désormais de 2 partout.
C’est alors à Anne Laure POLI que revient la lourde tâche d’envoyer son équipe en finale … ou pas ! Dans cette revanche d’un match perdu 3 semaines auparavant par la seine-et-marnaise, Anne Laure semble tenir le bon bout. Dominante sur ses saisies, elle inflige une première sanction à PAYET (championne de France 1ère division 2008), avant que les 2 adversaires ne soient sanctionnées pour saisies de doigts illicites. Anne Laure mène à 1 minute de la fin du combat, avant que les arbitres se préparent à sanctionner à nouveau. On s’attend logiquement à ce que l’écart se creuse, quand les arbitres choisissent de sanctionner à nouveau une saisie de doigt, mais uniquement contre Anne Laure. Malgré la domination de notre représentante, le combat semble se diriger vers un Golden Score quand le nez d’Anne Laure se met à saigner une première fois, puis une deuxième fois. « A ce moment là » précise Franck « si elle ressaigne, c’est perdu ! »
Sous la menace d’un nouvel appel du médecin, le clan pontellois se met à trembler, malgré l’ascendant qu’a pris Anne Laure sur son adversaire. Après 4 attaques consécutives dans le temps supplémentaire, les arbitres se réunissent et sanctionnent une nouvelle fois PAYET, ce qui envoie Pontault-Combault en finale du Championnat de France, pour la première fois de son histoire !
MULHOUSE (3-0) La délivrance !
« C’était magique » raconte Franck les yeux encore pétillants « Mais le risque était de se démobiliser après avoir réalisé l’exploit. Après avoir battu Champigny, nous devions ramener ce titre ! » Explique t-il. D’autant que pendant que Pontault est touché par la grâce, Mulhouse perd sont meilleur atout avec la blessure de DUPORT (2ème en individuel en -52kg).
La finale débute avec le combat titanesque entre Stéphanie POSSAMAI et Rébecca RAMANICH (3ème en +78kg). Face aux 135kg de RAMANICH, Stéphanie parait presque frêle. Repoussant les montées de main de son adversaire tant bien que mal, Stéphanie prend finalement l’ascendant dans la deuxième moitié du combat, à coup de SUMI GAESHI. La pontelloise saisie en fin de match une opportunité au sol et cloue RAMANICH pendant 25 secondes, pour le 1èr point de la finale.
Elodie est favorite face à GUILME (5ème au championnat de France 2010 en -48kg), la réserviste de Mulhouse en -52kg. Elle assume son statut dès les premières saisies. Dominant son adversaire, elle lui impose son KUMIKATA et ses attaques, pour une victoire sans appel qui porte le score à 2-0.
Le titre est plus proche que jamais, mais Franck BELLARD sait que rien n’est joué. « Ca fait 4 fois qu’on perd sur Mulhouse, en menant 20 à 0 » raconte Franck. « Cette fois, il n’était pas question de voir s’échapper l’or » reprend-il. En effet, avec Shirley ELLIOT, Anne Laure POLI et Gaëlle POSSAMAI à suivre, les espoirs se précisaient.
En -57kg, Shirley rentrait donc à la place de Morgane, sur Caroline LANTOINE (3ème au championnat de France 2009). Shirley domine les premières saisies mais ne parvient pas à ouvrir le score. Dans un déplacement initié par la pontelloise, c’est LANTOINE qui saisit sa chance à mi-combat et qui marque YUKO sur SASAE. Shirley presse pour revenir au score mais semble s’épuiser. A deux minutes de la fin du combat, on sent que la seine-et-marnaise aura bien du mal à ramener le point décisif, quand, dans un sursaut de génie, elle lance un KO UCHI GARI en garde croisé. Les épaules de LANTOINE se rapprochent du sol, jusqu’à se plaquer d’un bloc. L’arbitre lève le bras et annonce IPPON, pendant que tous les supporters exultent déjà. Cette fois c’est sur, Pontault est assuré du titre de champion de France, pour la première fois de son histoire. « C’était un ras de marée humain » raconte Anne Laure POLI, bien contente de ne pas avoir à retourner dans l’arène alors que la rencontre est arrêtée par abandon de Mulhouse. « C’est au moment où j’ai vu tout le monde se prendre dans les bras que j’ai réalisé qu’on avait fait un vrai exploit » Reprend-elle.

« C’est une vraie victoire collective. On arrive à être champion de France sans Anne Sophie MONDIERE, et sans Clarisse HABRICOT (blessées le samedi) » souligne Franck. « Toutes les filles qui étaient sur la feuille de match ont combattu, à l’exception de Clarisse » reprend-il. « Avec Eric et Fabian, nous avons fait les bons choix stratégiques, pendant que chacune a fait preuve d’abnégation pour le groupe. Je pense à Stéphanie, qui a formidablement bien joué son rôle de capitaine, en l’absence d’Anne Sophie. Je pense à Morgane, qui a fait une entrée fracassante dans cette équipe, ainsi qu’à toutes les filles qui ont combattu. Mais je pense aussi à celles qui sont restées sur le bord, comme Julia, qui a su nous dire qu’elle ne se sentait pas la force de combattre après sa déception individuelle, ou encore à Clarisse, qui a mis le doute chez nos adversaires en faisant croire qu’elle allait rentrer sur Champigny ! Je pense également à tous les supporters qui nous ont aidés à nous transcender, et qui n’ont jamais été aussi nombreux », explique Franck, euphorique ! « ET puis il y avait ce petit truc en plus, ce sentiment qu’aujourd’hui, nous étions touchés par la Grâce… J’ai l’impression qu’on vient de marcher sur la lune ! » Conclue l’entraîneur.

